La branche Cuirs et peaux (tannerie-mégisserie) regroupe les activités de transformation des cuirs bruts en peaux finies à destination de l’industrie de la maroquinerie, de la chaussure, de l’habillement, de l’ameublement, de l’automobile, de la ganterie… Selon le Conseil national du cuir, en 2019, les tanneurs ont produit 3 000 tonnes de cuirs finis de bovins et veaux, les mégissiers, 3,9 millions de peaux finies d’ovins, de caprins et de peaux exotiques.

La concentration du secteur a commencé depuis une dizaine d’années. Les grandes maisons de luxe ont en effet acquis une dizaine de tanneries-mégisseries pour sécuriser leur approvisionnement en cuirs de qualité et préserver les savoir-faire, essentiels à leur activité.

Principaux enjeux

Depuis plusieurs années déjà, les tanneries-mégisseries sont sensibilisées à la demande croissante des consommateurs pour des produits plus responsables. Elles doivent donc adapter leurs pratiques : optimisation des méthodes de tannage, diminution de la consommation en eau, recyclage de l’eau et approvisionnement responsable (respect de la bien-traitance animale, de l’environnement et des droits sociaux pour les achats de peaux brutes extra-européennes notamment).

Crise sanitaire : quels impacts ?

La crise liée à la COVID-19 a fortement impacté la consommation d’articles en cuirs et notamment de la maroquinerie de luxe, premier débouché de la production de cuirs et peaux en France. En effet, du fait de la fermeture des magasins lors des confinements et de la diminution drastique du tourisme, la consommation de maroquinerie de luxe a chuté. Par conséquent, en novembre 2020, sur 1 an, le CA des tanneries est en baisse de 10 % et de 20 % pour la mégisserie (CNC).
Néanmoins, avant ces événements, la demande de maroquinerie de luxe dans le monde, et donc de cuirs préparés, était en forte croissance (+ 7 % en 2019). Il est probable que le rebond la filière soit rapide après la reprise de l’activité et des flux touristiques, tendance déjà constatée sur le marché asiatique depuis le deuxième semestre 2020.

Emploi

La population de salariés de la branche est particulièrement âgée par rapport à la moyenne de l’interindustrie, avec de nombreux départs à la retraite à venir et une très faible proportion de moins de 30 ans (6 %).
Le recrutement et la préservation des compétences dans les années à venir vont être un enjeu majeur pour la branche.

Formation

Les activités des tanneries-mégisseries françaises reposent essentiellement sur l’image de marque made in France et son savoir-faire ainsi que sur la qualité des cuirs produits. Ainsi, la préservation et le développement des compétences des salariés sont un enjeu crucial pour ces entreprises du patrimoine vivant.

Afin de répondre à la hausse de la demande de cuirs plus responsables et respectueux de l’environnement, les acteurs de la branche vont devoir, d’une part, continuer à investir dans la recherche et le développement (nouvelles méthodes de tannage) et, d’autre part, développer les compétences et les connaissances de leurs salariés sur ces nouveaux process de tannage qui demandent des opérations particulières.

A savoir

Le secteur des Cuirs et peaux compte moins de 5 000 salariés. Un arrêté de fusion en date du 23 janvier 2019 a procédé au rattachement de sa convention collective nationale IDCC 0207 à celle de la Maroquinerie (IDDC 2528). La branche Maroquinerie est maintenant composée des secteurs de la Ganterie de peau, de l’Industrie des cuirs et peaux et de la Cordonnerie multiservice, et représente un ensemble de plus de 30 000 salariés.

Pour aller plus loin

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