La formation, pilier de l’industrie du futur

32 branches professionnelles relèvent d’OPCO 2i. L’opérateur interindustriel accompagne ainsi près de 70 000 entreprises, soit environ 3 millions de salariés, dans la mise œuvre de leur politique de formation professionnelle, afin de répondre aux enjeux d’adaptation du secteur : la transition énergétique et numérique, sans oublier un défi de taille, le recrutement et l’attractivité de ses métiers.

La loi du 5 septembre 2018 a modifié le paysage de la formation professionnelle tant au niveau des dispositifs, des financements que des acteurs. Elle a ainsi mobilisé 32 branches professionnelles de l’industrie avec la création de l’opérateur de compétences interindustriel, Opco 2i.

Liste des 32 branches professionnelles pdf | 193.01 KO

La réforme a notamment pour objectif d’encourager l’apprentissage afin de développer les niveaux de qualification. Il s’agit pour l’ensemble des partenaires sociaux d’orienter la stratégie de formation du secteur et de renforcer les compétences des métiers de demain.

Anticiper les métiers de demain

Du fait des évolutions conjoncturelles, techniques et technologiques, la formation professionnelle revêt une importance stratégique majeure. Anticiper les métiers de demain, c’est se donner pleinement les moyens de réussir et de rester compétitif. Le rapport Gallois de 2012 – pacte de compétitivité de l’industrie française – qui faisait de la formation un des piliers de la politique industrielle française, puis la réforme de la formation professionnelle de 2014 ont constitué des étapes clés dans ce processus. À cela s’ajoute l’objectif actuel d’augmenter le nombre d’apprentis de 40 % d’ici 5 ans et de porter à 87 000 le nombre d’apprentis qui rejoignent chaque année l’industrie. Ce mouvement traduit la volonté de l’ensemble des acteurs de l’industrie de s’emparer du sujet de la formation professionnelle. Ainsi, OPCO 2i se voit confier des missions majeures au regard des principaux enjeux de l’industrie.

Un pas vers l’industrie 4.0

La transition numérique figure au premier plan. D’ailleurs, de nombreuses entreprises, de toutes tailles, ont déjà franchi le pas vers l’industrie 4.0 : modernisation de l’appareil de production, automatisation, recours aux technologies numériques, robotique, big data, réalité augmentée… La plupart de ces entreprises ont donc dû redéfinir des process et déployer une politique active en matière de formation. Cette évolution a transformé les métiers de l’industrie. Elle a aussi accéléré la progression de certains postes et le besoin de compétences spécifiques, de l’ouvrier au manager, en passant par l’agent de maîtrise. Certaines entreprises ont ainsi fait le choix d’investir sur un environnement propice au développement permanent des compétences. Elles en ont fait un levier à part entière de leur stratégie de développement. Si les effets se mesurent pour l’entreprise, en termes de productivité, encore faut-il rappeler qu’il n’y a pas de performance économique sans performance sociale.

Le défi de la transition énergétique

La transition énergétique est un autre défi à relever pour l’industrie française. Optimiser sa consommation, recycler, innover dans sa politique de responsabilité sociale et environnementale peuvent constituer des sources potentielles de développement. Cette évolution, qui rejoint les aspirations de nombreux consommateurs, s’accompagnera également de nouveaux métiers issus de la croissance verte. Il conviendra de développer les compétences nécessaires pour y parvenir.

Une formation tout au long de la vie professionnelle

Comment gérer ces transformations dans un contexte économique complexe ? Avec un niveau de chômage élevé et un recul des effectifs suite à trois décennies de décroissance, le secteur industriel est confronté à des difficultés de recrutement. Le défi majeur est l’emploi et l’attractivité du secteur. Pour attirer les candidats et maintenir les compétences fondamentales, la notion de formation « tout au long de la vie professionnelle » est essentielle. Pour y parvenir, l’industrie devra faire preuve de capacités d’adaptation en misant sur les passerelles possibles entre ses différents secteurs d’activités.

Mutations économiques et passerelles entre filières

L’émergence de nouvelles activités ainsi que les profondes mutations économiques du secteur de l’industrie rendent nécessaires certains dispositifs d’accompagnement à la reconversion des demandeurs d’emploi. Des projets innovants interfilières, visant à résoudre les difficultés de recrutement dans l’industrie et à favoriser les passerelles interprofessionnelles à l’échelle d’un territoire, sont actuellement expérimentés dans plusieurs régions. On notera ici l’importance croissante des dispositifs territoriaux comme les groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ). L’objectif ? Embaucher des personnes en difficulté sur le marché du travail afin de les qualifier et de les amener vers un emploi durable.

L’enjeu de la formation professionnelle réside donc dans la capacité à intensifier et à démultiplier les dispositifs existants. Il réside également dans sa manière de rendre accessible ces actions de formation. Le développement de l’alternance, la promotion des nouvelles formations ouvertes et/ou à distance sont autant d’actions à privilégier pour relever ce défi. Et autant de chantiers à mettre en place dès maintenant pour préparer les besoins en compétences de demain.

L’industrie en chiffres

3, 1 millions
3, 1 millions
d’emplois directs
4, 5 millions
d’emplois indirects
250 000
postes à pourvoir chaque année, et ce, jusqu’en 2025
75 %
des dépenses de la R&D en France, soit 25 milliards d’euros investis par an