Fabriquée à partir du calcaire, la chaux est encore utilisée dans une multitude d’applications. Près d’un tiers de la production de chaux en France est consommé par l’industrie de la sidérurgie, notamment pour la désulfuration et l’élimination des impuretés néfastes du minerai de fer.

La matière première calcaire en France étant particulièrement pure, la chaux, obtenue à partir de décarbonatation du calcaire entre 900°C et 1 000°C, est dite calcique et peut se présenter sous la forme de roche ou de poudre, de lait de chaux ou de pâte. Les roches calcaires contenant de l’argile permettent de créer la chaux hydraulique après une cuisson à une température avoisinant les 1 300°C. Son utilisation est dédiée au bâtiment et à la construction génie civil.
Pour les deux familles de chaux, une étape d’extinction de la chaux vive à l’eau est nécessaire pour des raisons pratiques et de sécurité. La chaux éteinte est alors sous forme de poudre sans broyage.

Conjoncture

La diversité des marchés clients et le développement de nouvelles applications permettent une stabilisation de la production de la chaux, malgré les contraintes réglementaires qui pèsent sur le produit. En effet, elle possède des propriétés incontournables pour le traitement des eaux, les boues industrielles ou station d’épuration et d’incinération et permet aussi à de nombreux secteurs industriels d’atteindre les objectifs environnementaux. Elle ne manque donc pas de débouchés.

Le marché français fait actuellement face à une concurrence européenne accrue. Certains pays disposent de réglementations moins contraignantes. Le produit fabriqué est souvent moins qualitatif (potentiellement contaminé par un combustible de mauvaise qualité), mais moins cher.

Crise sanitaire : quels impacts ?

En tant qu’opérateur d’importance vitale en France, car utilisée dans le traitement de l’eau, des déchets, des boues d’épuration urbaines et industrielles (polluées par la COVID-19) et des terres agricoles, la branche n’a pas arrêté de produire en 2020. Cela permet de compenser une partie de la perte liée à la baisse de 10 % des activités sidérurgiques en Europe (premier client de la branche) au premier trimestre.

Principaux enjeux

Fort émetteur de CO2, dont 2/3 sont contenus dans le matériau, l’industrie de la chaux est soumise à de fortes réglementations françaises (Stratégie nationale bas carbone), européennes (ETS phase IV, REACH et IED) et mondiales (COP21-Paris). En ce sens, la profession opère depuis plusieurs années pour la substitution du fuel et du gaz par des énergies renouvelables comme la biomasse ou le solaire.

Emploi et formation

Composée majoritairement d’ouvriers, dont la plupart sont qualifiés, la branche peut s’appuyer sur une population d’expérience pour former des jeunes, anticiper les départs à la retraite et préserver les savoir-faire. Des conducteurs d’installation bien formés sont indispensables pour proposer une chaux bien cuite avec un minimum d’émission de gaz.

Perspectives

La chaux est un produit naturel abondant, économique, polyvalent et aux applications multiples, source d’innovations importantes. Sur ce point, la France se place parmi les pays les plus performants sur le plan international.
L’Union des producteurs de chaux réalise ainsi régulièrement des inventaires de cycle de vie pour qualifier les produits des entreprises de la branche. L’association professionnelle souhaite d’ailleurs concrétiser ce travail par un label « chaux de qualité française ».

Consommateur d’énergie, les fours à chaux font l’objet de recherche et de développement depuis de nombreuses années. Des solutions de captage de CO2 ont par ailleurs été proposées. Cependant, il n’existe pas aujourd’hui d’infrastructures pour extraire, transporter et stocker le CO2 capté.

La branche de la Chaux compte moins de 5 000 salariés. Elle est donc concernée par l’objectif de réduction des conventions collectives et sera probablement amenée à fusionner avec la branche des Carrières et matériaux dans les années à venir.

Pour en savoir plus

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