La branche de l’ameublement regroupe essentiellement les entreprises de fabrication de meubles qui se positionnent sur 6 segments de marché : mobilier de bureaux et de magasins, cuisine et salle de bain, meublant (canapés, tables, chaises), agencement, literie et autre mobilier (sièges, cercueils, etc.). La branche sert un marché de distribution du meuble français qui représente 19 Md€, dont environ 6 Md€ sont importés, en progression de 5 % par an depuis 2015.

Composée principalement de TPE-PME, la branche fait face à la concurrence étrangère et a vu ses volumes de production diminuer de plus de 40 % sur les quinze dernières années. Mais elle profite d’un rebond porté par le made in France depuis 2015, qui a permis de stabiliser les volumes. D’autre part, avec 97 % des déchets d’ameublement recyclés ou revalorisés, la France fait figure d’exemple en Europe.

Conjoncture

Le secteur est en croissance à l’export, porté par l’image de « l’art de vivre à la française » et du made in France. Les PME et ETI de la filière continuent leur concentration pour gagner en compétitivité, notamment en faisant évoluer l’appareil de production et les modes de pilotage dans une dynamique « industrie du futur ».

La demande évolue de manière importante :
boom de l’aménagement des logements et augmentation de la demande de personnalisation des produits, y compris en service après-vente ;
organisation du travail qui évolue avec les pratiques de type télétravail, impactant l’immobilier de bureaux et l’aménagement intérieur privé.

Crise sanitaire : quels impacts ?

La crise liée à la COVID-19 a provoqué une diminution de l’activité de l’ensemble de la branche, avec des différences notables selon les secteurs. Ceux de l’ameublement personnel ont maintenu un bon niveau d’activité. En effet, les consommateurs passant plus de temps à leur domicile ont acheté davantage d’équipements : cuisine, literie, canapés, etc. À l’opposé, le secteur de l’ameublement de bureaux a vu son activité fortement impactée : les entreprises limitent leurs investissements dans l’immobilier et le mobilier, du fait de la croissance du télétravail.

Principaux enjeux

Les préoccupations sociétales et environnementales prennent de plus en plus d’importance. Cela impacte la manière de produire et dope le marché de l’occasion dans une dynamique d’économie circulaire.

On assiste également au développement d’économies locales : achats de proximité, relocalisation de certaines productions, montée en puissance du made in France associé à une image de qualité.

Les process et les outils des entreprises sont de plus en plus digitalisés : Bim, réalité virtuelle ou augmentée, mobilier connecté et/ou intelligent…

Les politiques de distribution évoluent avec la fragilisation de grands réseaux de distribution et le développement de la vente en ligne.

Emploi et formation

La population de salariés est vieillissante et un nombre important de départ à la retraite (environ 20 % des effectifs) est à anticiper ces 5 à 10 prochaines années. Ces départs devront en majorité être remplacés par le recrutement de jeunes. Pour cela, la branche pourra s’appuyer, entre autres, sur sa forte culture de l’apprentissage.

Bien qu’employant une proportion relativement importante de moins de 30 ans (19 %), les entreprises font face à des difficultés de recrutement, notamment sur les fonctions supports comme le marketing et les fonctions commerciales.

Perspectives

Les industriels, conscients de l’enjeu de la formation de leurs salariés et de leurs difficultés de recrutement, ont reconduit l’accord de contribution conventionnelle : + 0,5 % de la masse salariale dédiée au financement des plans de formation.

Afin de préserver et de développer les compétences, 8 CQP ont été créés depuis janvier 2019, portant l’offre total de ces certifications à 16 CQP.

La modernisation de l’industrie du meuble se poursuit notamment avec le développement des outils numériques sur l’ensemble de la chaîne de valeur : de la conception de meubles (CAO, BIM) aux fonctions marketing et commerciales (CRM, e-commerce), en passant par la production (robotisation, machines à commandes numériques) et la gestion logistique (tracking / tracing, informatisation des stocks). Les entreprises doivent accompagner la montée en compétences de leurs salariés sur ces sujets et recruter de jeunes profils maîtrisant ces nouvelles technologies.

Pour en savoir plus

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