La branche de l’habillement suit, dans la chaîne de valeur, celle du textile ou de la couture. Les entreprises de la branche interviennent sur tout ou partie de la chaîne de valeur représentée ci-dessous, selon qu’elles sont des marques, des confectionneurs ou des sous-traitants. Elles conçoivent et/ou produisent et/ou distribuent des vêtements et des accessoires pour hommes, femmes ou enfants et pour toutes les catégories d’activités (ville, loisirs, sports et sportswear, lingerie, vêtements professionnels et images, marchés publics civils ou militaires).

La branche s’est fortement transformée ces 30 dernières années par : l’ouverture à l’international, suite à la fin des accords multifibres (2005) qui a eu pour conséquence d’accroître la délocalisation des activités de production ; et par le développement des multiples canaux de distribution (Wholesale), complétant le commerce indépendant, qui ont bouleversé le paysage. Les entreprises restant en France sont pour la plupart des entreprises de marque française, des sous-traitants pour les maisons, des entreprises de création indépendantes et de fabrication typiquement française.

A noter

La branche n’inclut pas l’activité de haute couture, qui est représentée par celle de la Couture parisienne.

La relocalisation et la réindustrialisation de la filière est un vœu fortement appelé du gouvernement, au travers notamment des dispositifs : plan de relance, territoire d’industrie et usine du futur, qui vont poursuivre la redynamisation du tissu économique de la branche et impacter la nature des besoins de compétences.
On assiste d’autre part au redéveloppement de filières historiques, comme le lin en Normandie, le chanvre dans les Pays de la Loire ou la laine en Occitanie (pgrm tricolore).

Crise sanitaire : quels impacts ?

La branche de l’habillement en France a été fortement impactée par la crise liée à la COVID-19 (fermeture des points de vente, des aéroports et duty free, chute de l’activité internationale…). Les entreprises du secteur ont néanmoins maintenu une partie de leur activité en produisant des masques en tissu et des équipements de protection.
Le chiffre d’affaires du secteur est en forte contraction sur l’année 2020. Un rebond important est prévu en 2021, mais il s’agira toujours d’une année de transition vers un retour très progressif à la normale, plutôt attendu en 2022.

Principaux enjeux

Le développement durable, les filières biosourcées et l’économie circulaire sont des enjeux majeurs pour la filière, comme en témoigne le Fashion Pact. De nombreux acteurs socio-économiques et le grand public sont en attente d’activités plus responsables au sens large, créant des conditions et des opportunités de développement pour la filière en France. Deux démonstrateurs nationaux stratégiques sont en cours de finalisation : filière sèche et humide.

Le numérique transforme la branche depuis déjà plusieurs années :
• L’automatisation et la robotisation sont de plus en plus présentes, de la confection à la fabrication : logiciel de CFAO, découpe laser, chaînes automatisées…
• De plus en plus de technologies s’intègrent aux vêtements lors de la confection : puce RFID, puce NFC, textile intelligent…
• La conception numérique 3D et virtuelle va profondément bouleverser l’ensemble de la chaîne de valeur dans ses relations et sa capacité créative.
• Les réseaux sociaux ont accéléré les effets de mode et ont renforcé la fréquence des collections. Les entreprises doivent avoir une production de plus en plus agile.

Les entreprises ont ainsi entamé la transformation de leurs industries vers l’usine du futur, comme en témoigne notamment le démonstrateur Innofabmod.

Emploi et formation

Le nombre d’emplois dans la branche est à un plancher historiquement bas, avec 27 600 salariés, dont 10 000 en production. Il est crucial de préserver les savoir-faire en conservant ce socle minimum.

La population de salariés est vieillissante et devra être remplacée pour plus d’un tiers dans les 10 prochaines années.

Les prémices d’une relocalisation et de la réindustrialisation des activités font (re)naître des marques françaises, qui vont créer des opportunités, de nouveaux emplois et de nouveaux métiers.

Perspectives

Les entreprises font face à une pénurie de personnel qualifié et d’offres de formations adaptées, du fait de l’accroissement de la complexité des process de fabrication et de la dispersion géographique des activités. Les entreprises mettent ainsi en place leurs formations en interne par compagnonnage auprès des techniciens possédant les savoir-faire. La branche réfléchit ainsi en ce sens à la création de parcours modulaires multi-dispositifs qui concernent autant l’industrie que les services associés.

Les activités de l’habillement évoluent très vite :
– filières biosourcées et économie circulaire ;
– accélération du rythme des collections ;
– conception numérique 3D ;
– automatisation et robotisation ;
– croissance des wholesales et de la vente en ligne.

Toutes ces transformations font fortement évoluer les compétences nécessaires aux métiers de l’habillement et font apparaître la création de nouveaux métiers nécessitant de nouvelles formations adaptées.

On assiste, d’autre part, à la révolution des pratiques managériales : animation d’équipes via le digital, fonctionnement agile, etc.

Pour en savoir plus

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