La France est le deuxième producteur européen de tuiles et briques, avec environ 15 % de la production européenne, derrière l’Allemagne qui représente 23 % de la production. Les produits fabriqués sont majoritairement consommés en France du fait des différences des normes entre les pays européens et les spécificités régionales liées aux produits. Les échanges sont essentiellement réalisés avec les pays limitrophes (8 % de la production) et la balance commerciale est excédentaire de 20 M€ en 2018.

Le marché des tuiles et des briques (hors exportation) est tributaire du marché du bâtiment, en croissance constante entre 2015 et 2017. Il doit cependant faire face à la concurrence des autres matériaux comme le béton. Les leaders du marché sont les entreprises françaises (Terreal et Bouyer-Leroux), américaines (Edilians et BMI Group) ainsi que l’Autrichien Wienerberger qui ont tous des sites de production en France.

Conjoncture

L’industrie de la terre cuite française est la deuxième en Europe. C’est aussi le seul matériau de construction dont la balance commerciale est excédentaire. Le marché est très lié aux évolutions du secteur de la construction. Quand le secteur du bâtiment est dynamique, les matériaux de construction le sont aussi.

95 % des produits en terre cuite utilisés en France y sont produits. La brique de structure en terre cuite est devenue incontournable dans la construction de logements, en maisons individuelles (35-40 % du marché) qui est son marché historique, mais aussi en logements collectifs où elle représente 25 % du marché.

Les produits en terre cuite pour la façade sont très appréciés des architectes, car résistants et permettant des rendus très diversifiés. Le développement du marché de l’ITE (isolation thermique par l’extérieur) est très positif pour ces produits.

Crise sanitaire : quels impacts ?

Le marché du bâtiment est fortement chahuté par la crise sanitaire. En revanche, la branche des Tuiles et briques est l’une des premières à avoir proposé un guide, validé par le ministère du Travail, organisant les conditions de reprise d’activité dans les usines. Certaines entreprises ont pu, de cette manière, poursuivre leur activité, même pendant le premier confinement.

Principaux enjeux

Le secteur du bâtiment est soumis à des évolutions réglementaires majeures qui génèrent des incertitudes pour les prochaines années. La RE 2020 (réglementation environnementale 2020) qui remplacera la RT 2012 entrera en vigueur courant 2021. Elle va profondément modifier les exigences appliquées à la construction neuve sur plusieurs aspects comme les performances thermiques et les émissions de CO2. Autre évolution réglementaire qui impactera les activités : l’encadrement, dès 2022, de la gestion des déchets du bâtiment.

Emploi et formation

La pyramide des âges de la branche engendrerait un départ à la retraite de près de 20 % des salariés d’ici 5 ans, dont une grande majorité devra être remplacée.

Malgré l’image positive véhiculée par la durabilité des produits en terre cuite, la branche a des difficultés à recruter des jeunes. Cela peut s’expliquer l’organisation du travail en cycle continu, en 3×8, 4×8 ou 5×8.

Perspectives

S’appuyant sur les travaux mutualisés au sein du Centre technique des matériaux naturels de construction (CTMNC) et sur des centres de recherche à l’étranger, les entreprises auraient consacré 8 à 10 % de leur CA à l’innovation ces dernières années.
Le besoin en ingénieurs process et matériaux et en techniciens d’essais est important pour continuer ces recherches et répondre aux problématiques environnementales de demain.

Le CTMNC assure, pour le compte des professions de la terre cuite et de la pierre naturelle, les activités d’intérêt collectif suivantes : normalisation, qualité, veille technologique, informations techniques, recherche & développement.

Les leaders, représentant près de 90 % des salariés, modernisent de plus en plus leurs lignes de fabrication pour répondre aux besoins des clients. Ces lignes automatisées nécessitent notamment des ouvriers qualifiés. Pour y répondre, la branche dispose de 3 CQP techniques (préparateur de terres tuiles et briques, conducteur d’installations tuiles et briques et technicien de maintenance) et d’un CQP managérial (chef d’équipe tuiles et briques).

Pour en savoir plus

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