L’université de Binghamton aux États-Unis a développé une batterie révolutionnaire de la taille d’un ticket de métro. Son originalité ? Elle se dissout complètement après usage sans laisser de résidus polluants.
Les chercheurs ont décidé d’utiliser des probiotiques, ces bactéries bénéfiques qu’on trouve dans les yaourts. Ces microorganismes sont déjà largement utilisés en médecine et dans l’agroalimentaire, ce qui prouve leur innocuité pour l’environnement et le corps humain.
La fabrication de ces biobatteries repose sur un procédé ingénieux. Elles sont d’abord lyophilisées pour être mises en sommeil, puis imprimées sur du papier par jet d’encre ou sérigraphie. Au contact de l’eau, les micro-organismes se réactivent et transforment la matière organique environnante en électricité, un processus qu’ils accomplissent naturellement dans de nombreux milieux biologiques. Cette conversion génère un courant suffisant pour alimenter de petits appareils, tandis que le support papier se dégrade progressivement sans laisser de trace.
Le prototype délivre 4 microwatts pendant 4 à 25 minutes. Les chercheurs ont même réussi à porter l’autonomie jusqu’à 100 minutes en ajustant la conception du dispositif. Si ces performances ne permettent pas de concurrencer les batteries traditionnelles, elles répondent à des besoins industriels précis où la biodégradabilité prime sur la puissance.
Les chercheurs n’utilisent que des matériaux courants : papier, cire, graphite et bleu de Prusse, quand les batteries classiques dépendent de métaux lourds et de composants toxiques. Dans l’industrie des dispositifs médicaux, les biobatteries pourraient alimenter des capteurs diagnostiques à usage unique, des implants temporaires qui n’auraient pas besoin d’être retirés chirurgicalement ou encore des systèmes de surveillance de cicatrisation des plaies.
Pour l’électronique et la défense, ces biobatteries intéressent surtout pour leur capacité à s’autodétruire. Elles pourraient alimenter des capteurs ou des dispositifs sensibles déployés sur le terrain, puis disparaître complètement sans nécessiter de récupération.
Plusieurs obstacles restent à franchir avant la production industrielle : il faut notamment augmenter la puissance en connectant plusieurs modules entre eux et identifier les souches bactériennes les plus performantes. Malgré ces défis, cette technologie ouvre une voie concrète vers une électronique plus durable.